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]]>Pour y faire face, le principal levier reste bien entendu la baisse des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), pour laquelle plusieurs articles sont à retrouver sur ce site.
Mais en parallèle de cette trajectoire de décarbonation qu’il faut suivre, il est néanmoins légitime de s’intéresser aux conséquences existantes et à venir du changement climatique sur sa structure professionnelle. C’est l’intention de cet article axé sur l’adaptation au changement climatique.
Avant de se lancer dans la méthode il est logique de s’interroger sur sa pertinence pour votre entreprise. La liste suivante donne les motifs principaux qui incitent les chefs d’entreprise à faire réaliser cette analyse.
A noter que tous les secteurs d’activités sont concernés par ces enjeux, la méthode n’est pas dédiée à telle ou telle spécialité.
Premier sujet, au lieu de se questionner sur le ‘pourquoi’, interrogeons nous sur les conséquences financières dans le cas où la France ne mènerait pas d’actions pour s’adapter au changement climatique.
Comme le montre le graphique ci-dessous, issu du monde des assurances, le coût des sinistres liés aux aléas climatiques (sécheresse, inondation, etc.) est en forte augmentation ces dernières années. Ils avancent le chiffre de 10 Milliards d’euros en 2022, soit trois fois la moyenne de la décennie 2011-2021.

Les projections effectuées à date par des organismes spécialisés avancent le chiffre de 143 milliards d’euros de sinistres projetés entre 2020 et 2050 soit +93% par rapport à 1989-2019.
Bien entendu se lancer dans une démarche d’adaptation a également un coût, mais qui est sans commune mesure avec ce qu’il faut dépenser pour ‘réparer’ les dégâts des aléas climatiques.
L’une des conséquences de la hausse du coût des sinistres se situe du côté des assurances. Elles couvrent un certain nombre de risques, dont certains aléas climatiques, et se retrouvent confrontées à une hausse significative de leurs dépenses.
Certaines compagnies ont d’ores et déjà exigées de leurs clients qu’ils prouvent leur engagement en matière d’analyse des risques liés au climat.
Par ailleurs, les aléas climatiques peuvent impacter votre chaîne de valeur (fournisseurs, clients, etc.). Lors d’une analyse, le consultant expert intégrera d’ailleurs les principaux acteurs dont vous êtes dépendants.
Vous questionner sur votre robustesse face aux aléas climatiques c’est donc montrer à vos partenaires votre fiabilité, votre sérieux, et votre sens de l’anticipation pour l’avenir. C’est aussi vous questionner sur le devenir de vos marchés et leur pertinence lorsque le climat aura évolué dans les années à venir.
Un évènement climatique a peut-être déjà perturbé votre activité et vous a conduit à devoir adapter votre façon de travailler. Les canicules estivales peuvent par exemple vous conduire à décaler vos horaires, ou le manque de disponibilité d’un produit à revoir vos productions.
Si ça n’est pas déjà le cas, il est fort probable que dans les années à venir vous deviez trouver des solutions pour assurer la sécurité de vos collaborateurs tout en ayant une continuité d’activité.
Pour cela il est important de vous questionner sur vos dépendances critiques afin de les sécuriser en prenant des décisions d’investissement éclairées.
En 2026, année de rédaction de cet article, la température mondiale a déjà augmentée de plus de 1.5°C par rapport à l’ère préindustrielle.
Si l’on reprend les trajectoires établies par le GIEC (Groupe d’experts indépendants sur le cimat), cette hausse devrait atteindre +2°C dés 2030 dans un scénario ‘médian’. A l’horizon 2050, la hausse devrait se situer entre +2°C pour le scénario médian et +2.5°C pour les scénarios les plus pessimistes.

Les scénarios ‘optimistes’ seraient le fruit d’une décroissance très forte qui ne semble pas se dessiner à l’heure actuelle.
Il est donc tout à fait raisonnable d’imaginer qu’à l’avenir, les conséquences déjà visibles du réchauffement climatique vont s’aggraver. S’engager dés à présent dans une analyse des risques climatiques pour votre entreprise, c’est donc vous préparer à la réalité à venir.
Le périmètre d’évaluation de l’analyse des risques climatiques porte sur un ensemble d’aléas potentiels qui sont les suivants :
Parmi ces différents aléas, votre entreprise n’est pas nécessairement concernée par la totalité. Si vous n’êtes par exemple pas proche de la mer, les intrusions salines ne nécessitent pas à priori d’attention de votre part. L’analyse réalisée se concentrera donc, après une première réflexion, sur les sujets pertinents pour votre structure.
Une fois les aléas significatifs retenus, l’analyse va porter sur les différents flux de votre activité. Là encore ces flux vont faire l’objet d’une étude pour déterminer lesquels sont susceptibles d’être impactés par l’un des aléas climatiques.
Le périmètre englobe donc toute la chaîne de valeurs, incluant vos approvisionnements critiques, vos infrastructures et process, l’énergie et l’eau dont vous avez besoin pour fonctionner, le Fret entrant et sortant, les clients principaux dont vous dépendez.
Une fois le périmètre établi, l’analyse se présente dans son fonctionnement comme une analyse des risques que vous pourriez déjà avoir réalisée. A la différence que dans le cas présent, elle se concentre sur les enjeux climatiques.
La vulnérabilité de votre entreprise pour un aléa climatique, sur un flux particulier, s’évalue en croisant plusieurs notions : l’exposition, la sensibilité et la capacité d’adaptation existante.
Prenons comme exemple la hausse de la température atmosphérique qui est susceptible de dégrader les conditions de travail dans vos locaux et pourrait empêcher vos salariés d’y travailler en sécurité. L’exposition est forte, la sensibilité est également critique. Si vos salariés ne peuvent pas travailler, on imagine assez aisément la perte pour votre entreprise.
En revanche, des solutions d’adaptation peuvent déjà exister suivant votre activité : vous pouvez mettre vos équipes en télétravail, vous décalez les horaires, vous avez un système de climatisation, etc. On pourrait donc ‘écarter’ assez facilement ce risque dans les actions à mener car des adaptations existent déjà.
En prenant un autre exemple, si pour ce même aléa votre fournisseur principal est contraint de mettre sa production à l’arrêt, vous allez avoir une baisse subie de votre activité. Toujours avec une sensibilité critique, mais cette fois avec une capacité d’adaptation qui pourrait être moindre. Il faudra alors aller plus loin dans la réflexion sur : votre dépendance à ce fournisseur, les alternatives possibles chez ses confrères, les adaptations de process que vous pourriez faire, un stock que vous pourriez prévoir pour anticiper les coupures, etc.
La première étape consistera donc, une fois les aléas climatiques ciblés, à évaluer le niveau d’enjeu pour chaque flux de votre activité afin de déterminer les risques et votre capacité à vous adapter.
Pour chaque élément identifié comme étant sensible à un aléa climatique, il convient d’évaluer quel serait le coût pour votre entreprise en cas de sinistre. Si par exemple, votre client A représente 20% de votre CA et qu’il est fortement sensible aux canicules pour son activité, cela pourrait représenter un impact très significatif pour vous.
Il est par ailleurs intéressant de se projeter sur les évolutions futures car certaines adaptations peuvent prendre un certain temps. Aussi, les canicules étant amenées à s’intensifier à l’avenir et à devenir plus récurrentes, ce qui est potentiellement un risque faiblement coûteux en 2026 peut devenir plus significatif en 2030 et insoutenable en 2040.
Une fois votre évaluation terminée, les différents flux d’activités pourront être hiérarchisés dans une matrice des risques résiduels. Ce tableau recoupe les différents aspects évoqués précédemment : sensibilité à un risque climatique, capacité d’adaptation existante ou à venir, note d’évolution du risque.
Le but étant de concentrer ses actions sur les en enjeux majeurs, ayant une sensibilité forte et dont le risque peut s’aggraver avec la détérioration du climat.

Fort de cette matrice des risques, il convient pour initier la suite de la démarche de bâtir une feuille de route combinant un budget, un calendrier et des indicateurs de suivi.
Le but étant de faire progresser votre entreprise vers un modèle plus résilient. Certaines actions peuvent être rapides à mettre en place ou plus longue, il sera judicieux de se positionner sur deux échéances de temps : horizon 2030 et horizon 2050 par exemple.
Des responsables d’actions doivent être nommés pour confier la responsabilité de l’avancement à quelqu’un, avec un objectif à l’une des deux échéances. Si par exemple vous envisagez de revoir votre système de ventilation, il faudra chiffrer les travaux, nommer une personne en charge du suivi, se donner une date de réalisation et un indicateur permettant de valider la réussite de l’action (installation en service).
Tout comme la baisse des émissions de GES pour laquelle la France dispose d’une trajectoire de décarbonation, l’adaptation au changement climatique est une affaire collective. Raison pour laquelle la France s’est dotée d’un Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC). Sa troisième révision, PNACC-3 a été publiée en mars 2025 et prévoit un ensemble d’actions pour adapter nos territoires et nos activités aux impacts actuels et futurs du changement climatique.
Le plan comprend environ 200 actions, pour tous les territoires, en ciblant prioritairement certaines localités spécifiques comme les zones littorales ou montagneuses par exemple. Les actions sont par ailleurs plus ciblées dans les secteurs d’activité estimés comme les plus vulnérables : tourisme, agroalimentaire, bois, bâtiment, numérique, transport.
Le but ultime de la démarche est de ‘protéger la population et rendre la société Française plus résiliente’ (Source ministère de l’écologie). A noter que le rapport table sur une hausse de +4°C des températures moyennes en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle.

Engager son entreprise dans une démarche d’adaptation au changement climatique c’est donc à la fois protéger ses salariés, sécuriser son activité et préparer l’avenir. C’est également participer à un effort commun, mené par le ministère de l’environnement avec le PNACC.
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]]>Pour démarrer, de quoi est-il question lorsque l’on évoque la CSRD ? Ce premier chapitre revient sur son origine et sur les thématiques auxquelles elle se rattache.
La CSRD est une directive Européenne publiée en 2022 et définitivement adoptée par le parlement Européen en 2023.
Cette directive, applicable depuis 2023 en droit Français, vise à encadrer les rapports extra financiers des entreprises sur les enjeux ESG : Environnement, Social, Gouvernance. Elle s’inscrit de manière plus globale dans le Pacte Vert (ou Green Deal en Anglais), plan Européen ayant l’ambition de faire baisser les émissions de Gaz à Effet de Serre d’au moins 50% en 2030 par rapport à l’année 1990.
Cette directive succède en France à la DPEF, Déclaration de Performance Extra Financière (NFRD pour l’Union Européenne), en apportant les modifications suivantes :
Le but dans ce changement de directive est d’apporter plus de clarté, plus d’uniformité et de transparence dans le traitement des enjeux ESG.
Les entreprises, notamment les plus grandes, réalisent depuis des décennies des rapports qui servent à rendre compte de leur santé financière. On y retrouve les mouvements de trésorerie, les profits, les pertes, etc. On peut s’en servir pour en extraire une trajectoire d’entreprise, une stratégie à plus ou moins long terme, ou encore ajuster sa masse salariale.
La CSRD porte elle sur cette partie ‘extra-financière’, c’est-à-dire sur des indicateurs qui ne sont pas financiers. Par cette directive l’Union Européenne, la France en particulier, entend placer à un même niveau d’importance que la finance la ‘performance’ des entreprises en matière de durabilité. Cela passe par une méthode d’évaluation harmonisée, claire, qui permette d’évaluer objectivement une entreprise sur les enjeux ESG, c’est tout l’objectif de la CSRD.
La CSRD ne concerne pas toutes les entreprises. Comme évoqué plus haut ce sont notamment les plus grandes entreprises qui sont sollicitées, puis progressivement des structures plus petites. Objet de débats par rapport à sa supposée complexité et au coût de sa mise en application, voici à date ce que l’on peut dire sur ses conditions d’application.
Déjà opérante pour un certain nombre de grandes entreprises en France, la CSRD a pour vocation d’inclure de plus en plus d’entreprises de façon à impliquer un maximum de structures dans les enjeux ESG.
Le calendrier de mise en application avec les critères associés est le suivant :

Source : Portail RSE du ministère de l’économie et des finances, consulté en septembre 2026
Comme pour d’autres dispositifs, tels que le Bilan Carbone®, le fait d’être une entreprise non-soumise à la CSRD mais travaillant avec l’une d’entre elles peut vous conduire à devoir réaliser un reporting extra-financier. Si l’un de vos principaux partenaires, à l’issue de son rapport de durabilité, constate que vous êtes fortement lié à l’un de ses enjeux, il risque de vous solliciter pour approfondir le sujet.
En France la CSRD est portée par le ministère de l’industrie et des finances qui a développé une plateforme, le ‘Portail RSE’, permettant de la divulguer. En cas de non-respect de ses obligations vis-à-vis de cette directive l’entreprise, voir son dirigeant, s’expose à des amendes administratives dont le montant est fonction de la gravité du manquement.
Les différentes échéances mentionnées ci-dessus sont soumises à des discussions régulières, notamment portées par la directive dite Omnibus. Cette nouvelle directive Européenne entend réduire et simplifier plusieurs règlementations dont la directive CSRD.
Elle a été adoptée dans sa révision 2026 et a réduit le périmètre d’application de la CSRD en réhaussant les seuils précédents. Ainsi le seuil du nombre d’employés minimum est passé par exemple de 250 à 1000. Autre changement, les PME et ETI cotées ont été purement ôtées du dispositif. Elles ne sont plus concernées que par une démarche volontaire appelée VSME.
La VSME est dédiée aux sociétés non soumises à la CSRD (PME, micro-entreprises, etc.). Le but étant de leur permettre de réaliser un reporting de durabilité plus simple qu’avec la CSRD et plus adapté à leur taille d’entreprise. Cela permet pour les entreprises en question de s’investir dans les thématiques ESG et de communiquer sur leur prise en compte de ces sujets. Elle est, dans un premier temps, basée sur le volontariat (au contraire de la CSRD) mais devrait s’inscrire comme un standard permettant aux entreprises engagées de se différencier.
Si vous êtes une PME, TPE ou une ETI, il est tout à fait possible de vous engager dans cette démarche dès maintenant pour anticiper les attentes du marché et optimiser votre gestion des risques et des opportunités.
Maintenant que le périmètre et les acteurs de la CSRD sont définis, passons aux différentes étapes de sa mise en application. Il s’agit tout d’abord d’identifier les critères à reporter, d’en collecter les données, de les hiérarchiser et enfin d’en extraire un rapport de durabilité.
Première étape, comprendre les différentes thématiques via les ESR.
Les ESRS (European Sustainability Reporting Standards), sont les standards de reporting associés à la CSRD. Il s’agit des 12 grandes catégories pour lesquelles la directive s’applique et qu’il convient d’évaluer dans le cadre de sa mise en application. Elles ont été élaborées par L’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), en charge de réaliser et mettre à jour les critères de la CSRD.
Sur les 12 ESRS, dix d’entre elles sont réparties entre 3 grandes thématiques (environnement, social et gouvernance), les deux autres sont transverses et portent sur des exigences qui ne rentrent pas spécifiquement dans l’un des 3 thèmes.
Voici la liste des ESRS et leur répartition :

En complément de ces ESRS on retrouve des catégories dédiées à certains secteurs d’activités ou encore d’autres dédiées aux PME/TPE (dans le cadre de la VSME évoquée au chapitre précédent).
On a vu que chaque ESRS correspond à un sujet ‘général’. Pour chaque sujet on retrouve des exigences de divulgation, ou Disclosure Requirements (DR), qui fixent les données obligatoires à renseigner.
Par exemple pour l’ESRS E1 qui porte sur le climat il y a 9 DR, comme par exemple la DR E1-1 : Plan de transition pour l’atténuation du changement climatique. Dans cette DR est fournie une liste de données (Datapoints) qui sont à collecter pour être incluses dans le rapport de durabilité.
Pour résumer ces différentes strates voici un schéma explicatif :

Les données, ou Datapoints, peuvent être de deux types :
L’analyse de double matérialité, ou de double importance, est l’élément central de la CSRD. La notion de ‘matérialité’ est ici empruntée au monde de la finance pour caractériser une information qui est importante, qui a un impact notable et qui doit donc être prise en considération.
On parle de ‘double’ matérialité car la matérialité ‘simple’ concerne l’impact d’un sujet sur une entreprise. La matérialité double considère à la fois les sujets qui ont un impact sur l’entreprise, mais également les sujets sur lesquels l’entreprise a un impact.
Par exemple, analyse de simple matérialité, le réchauffement climatique a un impact sur la pérennité de mon entreprise car je suis dépendant des rendements agricoles. Mais mon entreprise a également un impact sur le réchauffement climatique car son activité émet des gaz à effet de serre. On est bien dans un sujet de double matérialité.
Schématiquement voici comment cela se représente :

La matérialité ‘d’impact’ concerne les conséquences, positives ou négatives, de mon entreprise sur l’environnement. La matérialité ‘financière’ concerne les conséquences financières pour mon entreprise liées à l’environnement.
Réaliser son analyse de double matérialité, c’est se questionner sur quels sont les sujets ESG qui ont un impact notable pour mon entreprise sur l’environnement et/ou pour l’environnement sur mon entreprise. Pour cela on s’appuie sur la liste des datapoints évoqués dans le paragraphe précédent, pouvant être complétée par des sujets propres à mon secteur d’activité ou à la taille de mon entreprise.
Pour réaliser une analyse de double matérialité il faut tout d’abord :
Je peux ainsi intégrer tous les acteurs concernés dans mon questionnement afin d’identifier les sujets de la CSRD qui sont ‘matériels’ pour mon entreprise. Si un sujet n’est pas jugé matériel et n’est pas obligatoire, je peux ne pas le considérer (en justifiant ma décision).
Une fois la liste des sujets matériels réalisée, je vais m’atteler à les hiérarchiser. C’est-à-dire que je vais les évaluer sur les deux critères évoqués : matérialité d’impact, matérialité financière.
Matérialité d’impact :
Pour évaluer l’impact de mon entreprise sur l’environnement concernant un sujet précis, je vais noter de 0 (négligeable) à 4 (très élevé) les critères d’ampleur, d’étendue et d’irrémédiabilité.
Une fois ces 3 critères notés, je les additionne et divise le total par 3 pour obtenir un score de sévérité qui sera situé entre 0 et 4. J’ajoute à cela une évaluation de la probabilité que le risque se réalise, noté entre 0 (impossible) et 1 (réel) que je multiplie par mon score de sévérité. J’obtiens ainsi un score de matérialité d’impact pour mon sujet, compris entre 0 et 4.

Matérialité financière :
La méthode est la même que pour la matérialité d’impact, mais on considère dans le cas présent non plus les impacts mais les risques et opportunités. Je leur attribue un score pour l’ampleur et la probabilité et je réalise le même calcul pour obtenir une note.
Je n’ai pas pour un risque ou une opportunité de notion d’étendue ou d’irrémédiabilité à inclure.
J’obtiens là encore un score de matérialité financière, compris entre 0 et 4.

Une fois la notation de tous mes sujets de matérialité, je peux les positionner sur une matrice de matérialité dont voici un exemple fictif :

En abscisse de ma matrice j’ai la matérialité financière, en ordonnée la matérialité d’impact. Grace aux notes obtenues par chaque sujet, je peux les positionner en fonction de leurs ‘coordonnées’ sur la matrice.
Dans mon exemple, la thématique de l’atténuation au changement climatique a été notée 3 pour la matérialité financière et 3,5 pour la matérialité d’impact. On a donc estimé que le réchauffement climatique avait un impact fort et très probable sur mon entreprise et que mon entreprise avait un impact fort et très probable sur le réchauffement climatique.
Par opposition, si mon entreprise ne consomme que très peu d’eau, n’est pas susceptible de nuire à la gestion de la ressource et n’est que peu dépendante financièrement de son évolution, le sujet ‘Gestion de la ressource en eau’ apparaitra plus en bas et à gauche de ma matrice.
On peut ainsi visualiser les sujets prioritaires qui vont apparaitre en haut et à droite de la matrice, permettant de se concentrer dessus.
Après avoir suivi les différentes étapes précédentes, j’ai pu me concentrer sur les sujets matériels pour mon entreprise et collecter les données nécessaires à mon reporting. Je dois maintenant publier mon travail afin d’en rendre compte et de me conformer aux exigences de la CSRD.
Le rapport de durabilité est un compte rendu, dont le format est standardisé et identique au modèle de reporting financier pour faciliter la démarche. De ce fait il est auditable par un tiers car bâti sur un modèle commun.
Il a vocation à témoigner d’un engagement et d’une transparence sur les sujets ESG et doit me permettre d’initier ou de poursuivre ma stratégie de durabilité. La démarche est bien entendu itérative et vise à produire une amélioration à chaque échéance en matière d’environnement, de critères sociaux et de gouvernance.
Se lancer dans la CSRD c’est donc bien évidemment une contrainte mais également un levier pour se donner une feuille de route sur les enjeux ESG. Se faire aider dans cet exercice complexe est indispensable, Solutions Carbone est là pour vous accompagner.
Et pour initier ou poursuivre votre stratégie sur le volet Environnemental, rien de tel que le Bilan Carbone® !
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]]>Cette modification est préjudiciable puisqu’elle entraîne de multiples déséquilibres : augmentation des températures moyennes, hausse des océans ou encore perte de biodiversité.
Pour autant les émissions de gaz favorisant cet effet de serre sont réparties de manière inégale. Certains pays sont très contributeurs aux émissions de GES, d’autres moins, nous allons voir comment se fait cette répartition.
Regardons en premier lieu l’évolution des émissions de GES mondiales, comment elles ont évolué dans le temps et les secteurs les plus concernés par ces émissions.
Différents GES existent et sont répertoriés dans les bilans carbones, on distingue 6 grandes catégories : la vapeur d’eau, le méthane (CH4), le dioxyde de carbone (CO2), le protoxyde d’azote (N2O), l’ozone et les gaz fluorés. Dans le graphique ci-dessous est représenté la répartition des émissions de GES, par PRG (Pouvoir de Réchauffement Global) selon le type de gaz.

Dans le titre il est question de UTCATF, un anglicisme pour désigner le changement d’affectation des terres et des forêts. Pratique qui permet d’accroitre la captation du CO2 et donc de réduire notre effet de serre global. Le but étant ici de créer un puit de carbone (Le Carbone, son cycle et ses mécanismes).
Le Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) est la contribution d’un gaz sur l’effet de serre, pour une durée donnée. Certains gaz comme le Méthane se dissipent rapidement alors que d’autres comme les gaz fluorés restent plus longtemps dans l’atmosphère. Raison pour laquelle la répartition est différente que l’on considère un PRG sur 20 ans ou sur 100 ans (Comment faire un Bilan Carbone pour son entreprise ?). Le graphique ci-dessus est réalisé pour un PRG sur 100 ans.
Le méthane et le CO2 constituent très largement les deux principaux gaz émis par nos activités qui amplifient l’effet de serre. Si l’on se place sur une lecture long terme, le CO2 prend le pas sur les autres types de gaz.
Les différents pays émettent par leurs activités des gaz à effet de serre, nous savons aujourd’hui qu’il est essentiel d’en réduire la quantité. Pour autant la trajectoire actuelle n’est pas à la décroissance de nos émissions, comme le montre le graphique ci-dessous.

Nous émettons aujourd’hui près de 50 Gt CO2e, soit 23% de plus qu’en 2005. Si l’on se concentre sur le principal gaz responsable de ce phénomène comme expliqué ci-dessus, cela donne le graphique suivant.

La partie bleue de la courbe représente le total émis par les pays signataires du protocole de Kyoto, la partie orange par les autres pays.
On constate que pour les pays signataires de cet accord la quantité de CO2 émise est stabilisée avec une légère décroissance.
Attention néanmoins à la lecture de ce chiffre brut, les modes de vie dans certains pays peuvent être tributaires de production réalisées à l’étranger. Auquel cas les émissions de GES sont comptabilisées dans le pays producteur, alors que l’utilisation se fait chez le pays consommateur.
Autre constat évident de ce graphique, la quantité totale de CO2 dans le monde est en constante hausse depuis le milieu du 20e siècle. Entre 1960 et 2018 les émissions passent de 9 Mt CO2 à 35 Mt CO2. Soit une multiplication par 4 de la quantité rejetée dans l’atmosphère.
Comme évoqué au début de cet article des inégalités importantes existent entre les pays d’un point de vue contribution à l’effet de serre. Suivant la dynamique d’un pays, son PIB ou encore ses choix en matière énergétique, chacun rejette une quantité de GES différente.
Considérons tout d’abord les quantités totales de GES émises par les différents pays, ou groupes de pays.

Le premier constat est que la Chine est le principal émetteur de GES dans le monde avec 29% du total des émissions mondiales qui s’élèvent à environ 54 GtCO2e.
Viennent ensuite les Etats Unis d’Amérique (11%), l’Inde (7,3%), L’UE à 27 (6,7%) et la Russie (4,8%). A l’exception de ces pays le reste de la planète émet 22 Gt CO2e soit seulement 41% du total.
Sans surprise on retrouve dans les principaux émetteurs certain pays très industrialisés, avec un niveau de vie élevé, comme les USA ou l’Union Européenne. On retrouve également des pays très peuplés comme l’Inde malgré un PIB par habitant très inférieur aux pays occidentaux.
Cette autre lecture des émissions de GES rapporté au nombre d’habitants présente un intérêt différent du paragraphe précédent. En effet on pourrait s’arrêter à la valeur brute des émissions puisque nous partageons la même atmosphère et qu’à l’arrivée le réchauffement global se fait en fonction de cette valeur.
Mais lorsqu’il s’agit de revoir nos pratiques et nos modes de vie pour lutter contre l’effet de serre, il est essentiel de faire cet exercice.
Car en réalité si l’Inde contribue de manière significative aux émissions de GES, elle est peuplée de 1,4 Milliards d’individus, soit 18% de la population mondiale. En revanche elle n’émet ‘que’ 7% des émissions mondiales de GES.
Le mode de vie des Indiens est donc moins dégradant pour le climat que celui des Européens ou des Américains du Nord par exemple.

Sur le graphique ci-dessus on peut lire en abscisse les populations donc plus la bande de couleur est large et plus la population est grande. En ordonnée on lit la quantité de GES émise par habitant.
On constate pour le cas de l’Inde évoqué précédemment que les émissions de GES par habitant sont relativement faibles avec environ 2,8 tCO2e par an. Pour un Chinois la valeur est de 11 tCO2e, pour un Européen c’est 8 tCO2e, pour un Américain du Nord c’est presque le double avec 15 t CO2e.
En tant que Français la tentation initiale serait de dire qu’étant donné notre contribution globale à l’effet de Serre nous ne sommes que peu concernés par la nécessité de changer. Ce graphique et ces valeurs montrent le contraire, car notre mode de vie est parmi les plus impactant du monde pour le climat.
De même si l’on considère les pays où les émissions de GES par habitant sont les plus élevées, il s’agit en premier lieu du Qatar, puis du Koweït et ensuite de l’Arabie Saoudite. Leur population est trop faible pour les faire apparaitre sur le schéma mais néanmoins leur mode de vie est le plus néfaste pour l’effet de serre.
Dans les paragraphes précédents nous n’avons pas distingué entre eux les pays de l’Union Européenne à 27 membres. Réalisons un zoom sur ces pays pour regarder comment se positionne la France par rapport à ses voisins.
Les choix technologies de la France, notamment celui du Nucléaire pour la production électrique, la différencie de certains voisins, comme l’Allemagne ou la Pologne par exemple, très consommateur de charbon. Regardons les effets de ces choix en matière d’émissions de GES.

D’un point de vue quantitatif, l’Allemagne est le premier pays producteur de GES en Europe, suivi par la France, puis l’Italie et la Pologne. C’est une valeur brute, regardons maintenant la répartition par habitant.

Le classement est totalement modifié lorsque l’on rapporte les émissions à la population de chaque pays. Ainsi la France ne produit ‘que’ 5,8 tCO2e par habitant, contre par exemple plus de 8 tCO2e pour l’Allemagne et près de 10 tCO2e pour la Pologne.
La principale raison à cela est la filière énergétique déjà évoquée. Si l’on compare la production d’un kWh d’électricité (et non d’énergie) par rapport à nos voisins Européens, le bilan est le suivant

Des pays très utilisateurs de charbon comme l’Allemagne ou la Pologne ont des émissions de GES bien plus importantes que la France pour produire leur électricité (à consommation égale).
Ces données mettent en exergue les écarts importants en ce qui concerne la production d’énergie, suivant que l’on emploie ou source ou une autre.
L’objet de ce comparatif n’est pas de faire la promotion de l’énergie Nucléaire, simplement d’exprimer les écarts en termes d’effet de serre d’une technologie à une autre. D’autres problématiques comme celles liées aux déchets ou à la sécurité ne sont pas prises en compte dans cette analyse.
D’autres modes de production d’électricité comme les énergies renouvelables présentent également un bilan carbone bien meilleur que le Charbon ou le Pétrole. Leur utilisation permet donc de réduire les émissions de GES totales et par habitant.
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]]>L’article L’usage de l’Energie est apparu en premier sur Solutions Carbone.
]]>Pour pouvoir comprendre l’influence de nos modes de vie et envisager des pistes d’amélioration, penchons-nous sur notre usage de l’énergie.
Au sens scientifique du terme, l’énergie est une grandeur qui caractérise le changement d’état d’un système. Plus concrètement, j’ai besoin de faire bouger un objet, de lui faire changer de température ou encore de pression, je souhaite me déplacer, j’utilise de l’énergie.
L’unité de base de l’énergie est le Joule (J), mais on retrouve dans la vie courante plus régulièrement le kilowattheure (kWh), c’est par exemple l’unité qui figure sur votre facture d’électricité.
On retrouve également la calorie (c), plutôt dans le domaine de l’alimentation, ou encore le cheval-vapeur (cv) pour les moteurs.
Parmi les sources d’énergie disponibles sur Terre il y a celles dites ‘primaires’, qui se trouvent à l’état naturel. C’est le cas du charbon, du pétrole, mais également du soleil ou du vent. Les Humains peuvent utiliser ces énergies en l’état, comme le vent par exemple, ou avoir besoin de les transformer pour créer une énergie dite ‘finale’.
Le schéma ci-dessous reprend les énergies primaires et finales

On parle d’énergie ‘utile’ pour caractériser l’énergie qui rend réellement un service comme déplacer un objet ou produire du chauffage. Cette énergie utile s’obtient après avoir retiré toutes les pertes en énergie lors des étapes d’extraction, de transport, de transformation, etc.
A titre d’exemple pour l’électricité produite dans une centrale nucléaire, sur le potentiel énergétique de l’Uranium au départ seuls 24% de l’énergie sont utilisés par les consommateurs. Le reste est perdu lors de la production (66%), ou de la distribution électrique notamment (8%).
Sur le schéma vous voyez apparaitre les termes ‘énergies renouvelables’ opposées aux ‘énergies non renouvelables’. Vous avez certainement entendu parler de ce distinguo et des énergies ‘vertes’, qui nous permettraient de supprimer les énergies fossiles productrices de gaz à effet de serre (GES).
Parmi les sources d’énergies dont les humains peuvent disposer, il y a les énergies renouvelables. On y retrouve l’énergie solaire, le vent, la biomasse, l’eau, et la géothermie.
En premier lieu l’Homme absorbe de l’énergie provenant de la biomasse (les aliments), pour restituer une énergie mécanique en marchant ou en soulevant un objet par exemple. Cette biomasse peut également être utilisée pour produire de l’énergie à travers de la combustion (bois), ou de la transformation comme la méthanisation de déchets organiques.
L’eau est utilisée depuis des siècles pour produire une énergie mécanique via les moulins à eau, plus récemment pour produire de l’électricité via des systèmes de barrages. Les marées et les courants marins sont également une source intéressante d’énergie.
Le vent est lui aussi utilisé via les moulins depuis un certain temps, et nous voyons apparaitre sur le même principe de plus en plus de champs éoliens sur notre territoire.
Le solaire est utilisé principalement pour la production électrique au moyen de panneaux photovoltaïques. On peut également obtenir directement de la chaleur par le rayonnement solaire.
Enfin la plus récemment exploitée est la géothermie, le principe étant de capter la chaleur présente dans le sol de notre planète pour restituer une énergie thermique ou électrique.
Ces différentes énergies sont obtenues soit sans aucune consommation de ressource (eau, vent, soleil, géothermie), soit en utilisant des ressources au renouvellement ‘rapide’ (biomasse).
On les appelle également énergies fossiles, et elles doivent leur terme ‘non renouvelables’ au fait que leur renouvellement est très lent. A titre d’exemple la création du pétrole, suivant les conditions du sol, est de l’ordre de 30 millions d’années.
On comprend donc que le renouvellement de ces énergies n’est pas à une échelle de temps humaine et que le stock dont l’humanité pourra disposer est figé au moment où nous commençons à en consommer.
Quatre types d’énergies non renouvelables sont aujourd’hui majoritairement utilisées, le pétrole, le charbon, le gaz et l’uranium. On les utilise pour produire de l’électricité, de la chaleur, transporter des objets (carburant), faire fonctionner nos machines, etc.
Une des raisons qui nous poussent à remettre en question notre usage de ces énergies est bien entendu leur capacité à produire des GES. A l’exception de l’uranium qui possède un bilan carbone faible, les trois autres sources d’énergie sont très émettrices de GES lors de leur combustion.
Bien entendu leur disponibilité décroissante et la hausse de leur coût sont également des facteurs essentiels à prendre en compte. Réduire sa dépendance aux énergies fossiles c’est réaliser un gain économique et également assurer la pérennité de son activité.
Comme évoqué ci-dessus, les humains utilisent de l’énergie depuis leur apparition il y a environ 7 millions d’années. Le plus basique de ses déplacements comme se lever ou marcher nécessite une énergie qu’il puise dans son alimentation.
Puisque nous sommes en capacité de produire un travail mécanique, regardons ce que cela représente en termes d’énergie.
Tout d’abord l’être humain a besoin de se nourrir et d’absorber une énergie provenant de la biomasse. Cette quantité d’énergie varie entre 2,5 et 6,5 kWh par jour, suivant que vous allez avoir une activité physique ou non.
Prenons le cas où vous allez devoir travailler manuellement pendant la journée, vous absorbez donc 6,5 kWh d’énergie. Vous restituez, lors de votre journée de travail manuel avec vos bras, environ 0,05 kWh. Votre rendement est alors de 1%, c’est-à-dire que vous n’avez restitué que 1% de l’énergie absorbée, la majorité du reste étant dégagée sous forme de chaleur.
Si on se place dans le cas de l’utilisation des jambes, une journée d’un cycliste par exemple, la production est plus élevée avec 0,5 kWh par jour (dix fois plus tout de même). Votre rendement reste néanmoins de 10% par rapport à ce que vous avez absorbé.
A titre de comparaison, votre plaque électrique fait bouillir 8L d’eau en quelques minutes en produisant 1kWh. Soit énergétiquement ce que 2 cyclistes ont produit dans la journée.
Nous avons vu combien nous étions capables de produire d’énergie avec nos bras et nos jambes, voyons combien nous en consommons.
En moyenne sur Terre, un humain consomme plus de 20.000 kWh d’énergie par an. Si on cible l’Union Européenne, pour avoir une vue plus proche du niveau de vie des Français, c’est environ 36.000 kWh par an et par Européen.
Si on ramène cette donnée à une année en divisant par 365 jours, cela revient à environ 100 kWh par jour. Sachant que nous sommes capables avec nos bras d’en produire 0,05 kWh, il faudrait le travail manuel de 2.000 humains pour atteindre les besoins énergétiques d’un seul.
Puisque notre efficacité est 10 fois supérieure avec l’usage de nos jambes, si l’énergie était produite par ce biais il faudrait 200 humains qui pédalent tous les jours, pour produire les besoins énergétiques d’un autre.
On comprend aisément que la consommation énergétique des humains n’est pas compatible avec ce qu’ils sont capables de produire seuls.
Ce qui permet actuellement aux humains, notamment ceux vivant dans des pays les plus riches, de pouvoir consommer autant d’énergie, ce sont les machines. On les retrouve dans tout ce que nous faisons, de la voiture au fer à repasser en passant par les machines de production ou l‘ordinateur qui me permet de rédiger cet article.
Les machines ont envahi notre quotidien et c’est bien elles qui nous permettent de décupler l’énergie dont nous disposons. Grâce à leur usage, chaque Français dispose de l’équivalent de plusieurs centaines de bras humains à son service.
Or une machine c’est quoi ? Des matériaux principalement métalliques ou plastiques. On y intègre des moteurs, des batteries, des lumières ou encore des cartes électroniques. Concrètement une machine c’est un concentré d’énergie fossile.
Si nous devions extraire manuellement les matériaux nécessaires, les transporter sans usage d’énergie fossile ou même les faire fonctionner sans pétrole, sans charbon et sans gaz, cela nécessiterait une ressource humaine considérable.
Ce qui a permis aux humains de se doter d’un gigantesque parc de machines, et ainsi d’accroitre considérablement son niveau de vie, ce sont les énergies fossiles. Ce qui implique une dépendance au pétrole, au charbon et au gaz.
Cette dépendance est un risque pour votre activité car la disponibilité des énergies fossiles n’est pas garantie. De même leurs coûts sont fluctuants et se reposer sur leur usage est risqué. La réalisation d’un Bilan Carbone vous permettra d’évaluer les enjeux économiques et stratégiques associés à votre usage de l’énergie.
C’est un terme que vous avez certainement déjà entendu, l’humanité doit opérer une transition énergétique. Le principe étant de pouvoir conserver son niveau de vie actuel, voire de continuer à croitre, en substituant les énergies fossiles par du renouvelable. On parle également de ‘croissance verte’.
Avant d’évoquer les possibilités de transition énergétique, regardons par le passé notre usage de l’énergie. Le début de l’exploitation des énergies fossiles peut être placé dans la seconde moitié du 19ème siècle : la révolution industrielle.
C’est la ‘découverte’ de ces énergies, leur exploitation et la prise de conscience de leur potentiel, qui lance la révolution industrielle. Car bien entendu, les Hommes avant cette période auraient également entamé une révolution industrielle et augmenté leur niveau de vie, s’ils avaient eu l’énergie nécessaire.
Les humains utilisent donc les énergies fossiles depuis 150 ans. J’ai évoqué précédemment l’âge de l’espèce humaine (environ 7 Millions d’années) pendant lesquelles les humains, à l’exception des 150 dernières années, vivent à 100% aux énergies renouvelables.
Si la question subsistait de savoir si nous pouvions vivre dans un monde totalement alimenté aux énergies renouvelables, la réponse est oui car c’est le monde d’où l’on vient.
On pourrait penser que c’est à partir du 19ème siècle que les inventeurs, de par le monde, ont conçu le moteur à explosion, les automobiles, les avions, etc. En réalité les principes physiques pouvant permettre l’usage de ces techniques étaient connus depuis des siècles.
A la fin du 15ème siècle Léonard de Vinci, célèbre peintre et inventeur Florentin, concevait le premier aéronef à hélice. Il s’agissait d’un plateau tracté par une hélice dont la rotation devait lui permettre de décoller.
La seule contrainte qu’il n’avait pas pu vaincre à l’époque, c’est comment donner une vitesse de rotation suffisante à son hélice, autrement dit il manquait d’une énergie suffisante. Il faudra attendre la fin du 19ème siècle pour que deux inventeurs Français produisent le premier prototype volant d’hélicoptère à vapeur.
Ce même Léonard de Vinci a produit dès le 15ème siècle des études sur une voiture sans chevaux. Plusieurs prototypes verront le jour les siècles suivants, d’avantage considérés comme des jouets que des moyens de locomotion. La première véritable automobile à vapeur ne sera commercialisée qu’en 1863.
Ces deux exemples illustrent que le niveau des connaissances et des techniques n’était en aucun cas un frein pour lancer la révolution industrielle plus tôt, ce qui déclenche ce changement c’est l’usage des énergies fossiles.
Il est difficile de se représenter cela car l’humain a une vision à son échelle de temps (une centaine d’années maximum) et vous comme moi sommes nés dans un monde disposant déjà d’une grande capacité en énergie fossile. Nous prenons donc pour acquis cette abondance énergétique mais c’est en réalité un épisode très récent, et également amené à être très bref, dans l’Histoire des Hommes.
Il est donc raisonnable d’anticiper un retour de nos civilisations vers une disponibilité énergétique plus faible. Une adaptation de nos activités à cette nouvelle donne est de fait indispensable, c’est l’une des raisons d’être de la méthode Bilan Carbone.
Le graphique ci-dessous reprend les usages énergétiques dans le temps depuis les prémices de la révolution industrielle jusqu’à notre époque :

En abscisse on retrouve l’échelle de temps allant jusqu’à 2019, en ordonnée la consommation énergétique mondiale en EJ/an soit en Exajoules par an (10 puissances 18 joules).
Avant le démarrage de la révolution industrielle, à la moitié du 19ème siècle, l’humanité utilise 100% de son énergie via la biomasse (bois notamment). Puis apparait tout d’abord le charbon, le pétrole, le gaz, le nucléaire, les énergies hydrauliques et les énergies renouvelables les plus récentes.
L’usage de moulins à eau à cette période est bien une énergie renouvelable mais était tout à fait anecdotique, raison pour laquelle cela ne figure pas sur le schéma.
L’usage de ces énergies fossiles change radicalement les possibilités des humains en l’espace d’à peine 150 ans. Car si on ne considère pas les deux derniers ajouts en bleu qui sont des énergies renouvelables, les humains passent d’une consommation annuelle d’environ 25 EJ/an à 550 EJ/an. Soit une multiplication par 22 de la consommation énergétique.
De cette abondance nait le monde dans lequel nous vivons. Des déplacements fréquents, sur de longues distances, des vêtements produits en large quantité, parfois à l’autre bout de la Terre, des bâtiments sur plusieurs étages ou des villes très grandes sans aucune terre agricole. Tout cela n’est possible que grâce aux énergies fossiles.
Autre constat qui met à mal la notion de transition énergétique, à la lecture du schéma il est clair que les énergies se superposent et ne se substituent pas les unes aux autres. La production énergétique via la biomasse (courbe verte) est quasiment stable depuis 150 ans.
De même l’apparition des dernières techniques de production d’énergie renouvelable (panneaux solaires, éoliennes, etc.), n’a pas fait diminuer l’exploitation du pétrole ou du charbon. Au contraire leur usage a largement augmenté ces dernières dizaines d’années.
Puisque le problème vient des énergies fossiles et que nous disposons d’énergies renouvelables, pauvres en émissions de GES, il nous suffit de remplacer les unes par les autres ? La solution parait simple, sa mise en application beaucoup moins.
D’un point de vue quantitatif, il s’agirait de remplacer les courbes noire, rouge et jaune sur le schéma précédent soit environ 550 EJ sur les 650 EJ totales. Il faudrait alors être capable de passer de la centaine de EJ produits par an au renouvelable et au nucléaire, à 650 EJ pour compenser le non usage des énergies fossiles. Soit une multiplication par 6,5 de la production actuelle en énergie renouvelable.
Dans le cas de la France par exemple, voici la consommation énergétique annuelle (énergie primaire) :

En 2023 la consommation totale des Français est de 2.582 TWh (2582 milliards de kWh). Pour limiter le réchauffement climatique, il nous faut remplacer les environ 400 TWh produits au gaz naturel, les 750 TWh produits au pétrole et les 50 TWh produits au charbon, par du renouvelable.
Soit au total 1.200 TWh qu’il faudrait produire avec de l’éolien, du solaire, de la biomasse ou de la géothermie. Je laisse de côté l’hydraulique car c’est une filière déjà très développée en France et qui n’offre pas un potentiel très supérieur à ce que nous avons.
Le nucléaire est un cas à part, il ne peut pas être considéré comme une énergie renouvelable même si ses émissions de GES sont faibles. La filière se heurte à d’autres réserves notamment en termes de sécurité, justifiées ou non, qui ont poussées nos décideurs à ne plus envisager la croissance de sa production.
Admettons que ces 1.200 TWh je veuille les produire avec de l’éolien terrestre (par opposition à l’éolien offshore).
La production d’une éolienne dépend de sa taille, de sa puissance, de la force du vent, etc. Pour avoir une production régulière elles sont implantées par groupes, avec des orientations différentes, et produisent en moyenne 20 GWh par km² d’implantation.
Si je divise mes 1.200 TWh, donc 1.200.000 GWh par 20 GWh au km², j’obtiens 60.000 km². La France métropolitaine fait 543.940 km², on parle donc d’une implantation d’éoliennes sur environ 9% du territoire.
Pour donner une image, cela revient à recouvrir entièrement toute la surface de la région Pays de Loire et de la région Bretagne avec des éoliennes.
Bien entendu cela reste un exemple fictif car l’énergie serait produite par diverses sources et pas uniquement par de l’éolien. Mais cela donne un ordre de grandeur de la quantité d’énergie produite actuellement aux énergies fossiles, et de ce que cela représente avec une alternative renouvelable.
On se rend facilement compte que même en ayant une couverture très forte du territoire avec des éoliennes, la quantité d’énergie produite ne sera pas comparable à celle produite au pétrole ou au gaz.
Il faut, en plus de cela, déduire l’énergie nécessaire pour produire ces éoliennes. Il faut extraire des métaux (non disponibles en France), les transporter, les transformer, les assembler, pour obtenir l’équipement final. Ensuite il faut réaliser un socle en béton, et monter l’éolienne dessus. Actuellement ces étapes se font au moyen d’énergies fossiles.
Le but de mon propos n’est pas de dénigrer la filière éolienne, ou tout autre filière d’énergie renouvelable, c’est simplement de mettre en perspective ce qu’elle est capable de rendre comme service par rapport aux énergies fossiles.
Le même constat peut être réalisé en prenant comme exemple la filière solaire, la biomasse (limitée en ressource) ou la géothermie.
De fait si une société veut réellement s’adapter au manque à venir en énergies fossiles, elle doit tout simplement revoir son usage de l’énergie. Cela lui permettra à la fois de réduire le coût associé mais également d’être préparée aux changements en cours.
Le niveau de vie des humains a drastiquement augmenté depuis 150 ans et ce grâce aux énergies fossiles. Dans le même temps les autres types d’énergie n’ont pas disparu et il n’y a eu qu’une superposition des énergies les unes avec les autres, augmentant nettement le total consommé.
Il faudrait donc, pour conserver notre niveau de vie actuel tout en limitant l’effet de serre, disposer de la même ressource énergétique en limitant fortement l’usage du gaz, du charbon et du pétrole.
Nous avons vu au chapitre précédent que substituer les énergise fossiles par des énergies renouvelables pose en premier lieu un problème de quantité produite. D’autres aspects qui n’ont pas été développés dans cet article viennent s’ajouter à la problématique, comme la flexibilité de la production, le transport, la disponibilité, etc.
Si un monde tel que nous avons aujourd’hui était possible aux énergies 100% renouvelable, nos ancêtres ne s’en seraient pas privé. Ce qui a permis de le rendre possible c’est encore une fois l’usage des énergies fossiles.
Elles ont permis à nos sociétés de croître, d’avoir de plus en plus de biens à disposition, rapidement, à un coût faible, de pouvoir se déplacer, partir en vacances, avoir un téléphone, un logement, etc. Cette croissance n’aurait pas eu lieu sans cette manne énergétique, et ne pourra pas continuer sans elle.
Si les humains veulent décarboner leurs activités et limiter l’effet de serre et ses conséquences, ils doivent réduire leur consommation d’énergie. Le type d’énergie utilisée pour la partie non évitable sera ensuite déterminant.
Afin d’adapter son entreprise à ce changement d’usage de l’énergie et rendre sa structure plus résiliente, le premier pas est d’engager une démarche Bilan Carbone.
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]]>Point essentiel avant d’aller plus loin, quelle est la définition même du climat ? Celle du dictionnaire Larousse est la suivante :
Ensemble des phénomènes météorologiques qui caractérisent l’état moyen de l’atmosphère en un lieu donné.
Source : Dictionnaire Larousse – version en ligne juillet 2022
Cela situe la zone que l’on observe lorsque l’on parle du climat : l’atmosphère. Il y a également un indicatif de lieu, le climat est donc localisé. Il existe ainsi plusieurs climats différents sur Terre, voici les 5 principaux que l’on distingue : froid, tempéré, continental, tropical et désertique. Vous pouvez rencontrer plusieurs sous-catégories suivant le niveau de précision : Méditerranéen, océanique, toundra, etc.
Lorsque l’on évoque le climat on ne peut pas passer à côté des discussions autour de la météo (abréviation pour ‘météorologie ‘). Son évolution est suivie par la plupart d’entre nous qu’il s’agisse de planifier une activité en extérieur ou de prévoir sa tenue du jour.
Ainsi lorsqu’un phénomène météorologique survient, le parallèle avec le climat est quasiment systématique. Qu’il s’agisse de nier le réchauffement climatique un jour de neige en avril, ou de le mettre en évidence une semaine de canicule, le raccourci est tout trouvé.
Mais deux éléments essentiels distinguent le climat de la météo : la zone géographique et la temporalité.
La météo est donnée pour une zone qui peut être très réduite. Vous pouvez par exemple consulter la météo pour votre ville, et parfois elle est différente de la ville voisine. En ce qui concerne le climat, il est le même pour une large zone géographique car lié aux caractéristiques de cette zone (température moyenne, pression atmosphérique, vitesse du vent, etc.). On ne distingue que 2 types de climats différents en France par exemple (tempéré et continental).
Concernant la temporalité, un évènement météorologique peut être très court. L’exemple le plus parlant est sans doute le phénomène orageux, où en quelques heures voire en quelques minutes on peut passer d’une forte chaleur avec temps sec, à des trombes de pluie et une température beaucoup plus faible.
Le climat lui ne change pas d’un jour à l’autre, il est connu pour une zone géographique donnée, sur une période donnée. Il peut évoluer bien entendu, mais pas d’un jour sur l’autre.
Ainsi ce qui permet de constater ou non un changement climatique ça n’est pas un épisode météorologique. Il convient d’étudier sur une période plus longue les températures moyennes, les précipitations, l’ensoleillement, etc.
Le climat a beaucoup évolué depuis l’origine de la planète Terre qui date d’environ 4,5 Milliards d’années. Le passage d’un état climatique à un autre se fait sur plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’années.
Actuellement, et ce depuis environ 10.000 ans, nous sommes dans un état climatique appelé Holocène. Il correspond au climat que nous connaissons depuis notre naissance avec une température moyenne sur Terre d’environ +15°C.
Avant cet Holocène, la Terre était dans une ère glaciaire qui a duré environ 100.000 ans. Ces valeurs donnent une idée de l’échelle de temps géologique concernant un changement de climat. A l’échelle d’une vie humaine, même de 5 ou 10 générations humaines, le climat ne variait quasiment pas.
Pour se rendre compte du climat sur Terre, et notamment en France, à l’époque de l’ère glaciaire voici une représentation cartographique :

Cette carte montre qu’à l’époque toute l’Europe du Nord est sous la glace, ainsi que toute la chaine des Alpes et des Pyrénées. La France est pour sa grande majorité dans un climat de Toundra. Il y a donc bel et bien entre cette dernière ère glaciaire et notre climat actuel une grande différence.
Un point important à retenir, est que l’écart de température entre cette situation et la notre actuellement, est de 5 à 6°C. C’est cet écart de température moyenne sur Terre qui a fait passer la France d’un climat de Toundra à un climat continental. Ces quelques degrés ont tout changé pour les Hommes, comme pour le reste du vivant, dans cette zone géographique.
Vous avez déjà entendu l’argument qui consiste à dire que le climat a toujours évolué depuis la création de l’atmosphère et que par conséquent l’Homme n’y est pour rien. La première partie est tout à fait exacte comme évoqué au chapitre précédent.
En revanche notre impact sur l’évolution du climat n’est malheureusement plus à prouver. Cet impact est dû à notre faculté à favoriser un phénomène naturel : l’effet de serre.
Notre planète Terre est située dans le système solaire et reçoit en permanence des radiations en provenance du soleil. Ces radiations atteignent les différentes couches de l’atmosphère, une partie est réfléchie et renvoyée vers l’espace, une autre est absorbée par l’atmosphère, le restant vient toucher la surface de la Terre (50% environ).
Les rayons reçus par la Terre réchauffent notre sol et en retour la Terre émet des rayons infrarouges en direction de l’espace. Une très faible partie de ces rayons traversent l’atmosphère et atteignent l’espace, la très grande majorité étant retenus par l’atmosphère et redirigés vers le sol, c’est l’effet de serre.
Schématiquement voici le principe

Le fonctionnement est le même que lorsque l’on utilise une serre pour ses légumes, les vitres (ou les bâches) de la serre réfléchissent les rayons du soleil vers le sol. Cela permet de maintenir une température à l’intérieur de la serre plus élevée qu’à l’extérieur.
Il s’agit d’un phénomène tout à fait naturel et qui a permis l’apparition de la vie sur notre planète. Sans cet effet de serre il ferait une température moyenne sur Terre de -18°C.
Puisqu’il s’agit d’un phénomène naturel, pourquoi l’Homme est-il tenu pour responsable des dérèglements climatiques ?
Cette affirmation réside dans le fait que l’Homme a accentué le phénomène naturel de l’effet de serre en rejetant dans l’atmosphère une quantité importante de gaz appelés Gaz à Effet de Serre ou GES.
Le plus célèbre de ces gaz et celui dont nous émettons la plus large quantité est le dioxyde de carbone. Il est produit de manière tout à fait naturelle par les organismes vivants, lors de leur respiration pour les animaux et lors de la photosynthèse par les végétaux.
Ce qui vient s’ajouter à ces phénomènes naturels, c’est notre usage de l’énergie. Les civilisations que l’Homme a construites au fil du temps requierent de plus en plus d’énergie. Cette énergie est issue en très grande majorité de combustibles fossiles (L’usage de l’énergie).
Lors de la combustion des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), une grande quantité de carbone (C) est émise dans l’atmosphère constituée en partie de dioxygène (O2), la combinaison forme le dioxyde de carbone (CO2).
C’est bien cet apport supplémentaire en GES, dont principalement le CO2, qui favorise l’effet de serre et a conduit au réchauffement de notre planète.
Le surplus de GES dans l’atmosphère issu de l’activité humaine a déjà conduit à un réchauffement global sur Terre de +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle. C’est une moyenne, comme expliqué plus en avant, sur la totalité de la planète.
L’ère industrielle est située vers la fin du 18ème siècle, soit il y a environ 150 ans. La Terre s’est donc réchauffée de plus de 1°C en 150 ans, alors qu’en plus de 20.000 ans elle s’était réchauffée de 5 à 6°C.
Une première réflexion pourrait être de se dire qu’il nous suffit de stopper nos émissions de GES et d’attendre que ceux existants se dissipent pour rétablir la situation.
La première contrainte à cela est que pour arriver à un bilan carbone neutre voire négatif (en capter plus que l’on en émet), l’Homme doit réduire drastiquement son usage des énergies fossiles. Or nos civilisations reposent sur l’usage de ces énergies.
Autre élément essentiel lorsque l’on parle du climat et de l’effet de serre, la temporalité. Dans un précédent article j’évoquais le temps de résidence des GES dans l’atmosphère (Comment faire un Bilan Carbone pour son entreprise ?). Le CO2 par exemple, reste plusieurs centaines d’années dans l’atmosphère même si son impact commence à décroitre après une centaine d’année.
Pour synthétiser, les +1,1°C déjà constatés ne pourront pas être abaissés dans une échelle de temps qui nous concerne.
Si les humains arrêtaient totalement d’émettre des GES demain, l’effet de serre des gaz présents dans l’atmosphère perdurerait malgré tout plus de 100 ans.
A noter également d’un point de vue temporalité, qu’un GES émis aujourd’hui met une vingtaine d’années à se fixer dans l’atmosphère et à avoir un impact sur l’effet de serre. Il y a donc une certaine inertie entre ce que nous émettons aujourd’hui et l’effet sur le climat. Ce qui fait qu’en arrêtant totalement nos émissions de GES demain, l’effet de serre continuerait d’augmenter durant 20 ans.
Malgré l’impossibilité de revenir en arrière, ce que nous allons émettre comme GES dans les années à venir est primordial pour l’évolution du climat. Car si nous ne pouvons pas corriger les choses, nous pouvons les aggraver sérieusement.
Voici ci-dessous les 5 scénarios envisagés par le GIEC dans son rapport de 2021 :

Ces différents scénarios ont été établis en fonction de ce que l’humanité va réaliser ou non jusqu’à la fin de ce siècle. La courbe en noire est l’évolution entre 1950 et 2015, autrement dit ce que nous connaissons déjà, elle monte bien de +1,1°C.
Ensuite viennent les courbes de couleur, chacune représentant un scénario. A noter tout d’abord que quel que soit le scénario, la température continue de monter pour les 20 prochaines années après 2015 (date des études). Cela rejoint l’explication concernant l’inertie des gaz à effet de serre.
Au delà des 20 premières années il y a les scénarios où la température se stabilise voire décroit, qui sont les scénarios 1 et 2, courbes bleu ciel et bleu foncé. Ils permettent l’un comme l’autre de limiter le réchauffement climatique en dessous des 2°C, ce qui est l’objectif annoncé de la COP21.
Pour se rendre compte du défi que représentent ces scénarios, quelques valeurs d’émission de CO2 : En 2015 les émissions de CO2 sont de 40 GtCO2 par an (40 milliards de tonnes de CO2 par an). Pour atteindre l’un des scénarios en bleu il faut abaisser cela à 20 milliards de tonnes en 2050, atteindre la neutralité à l’horizon 2080 et au-delà capter plus de CO2 que l’on en émet.
L’effort global que cela demande est colossal. En termes de niveau de vie, notamment pour les pays les plus riches, c’est une décroissance très forte par rapport à la situation actuelle.
Si en revanche notre modèle économique et social reste sensiblement tel qu’il est depuis quelques dizaines d’années, le scénario est le 5ème (courbe rouge foncé). Nous nous dirigerions alors vers une hausse de température de l’ordre de +5°C à l’horizon 2100.
Bien entendu si ce sujet climatique fait autant parler c’est qu’il n’est pas sans conséquences. Nous avons vu précédemment qu’entre la dernière ère glaciaire et aujourd’hui la différence de température est de +5 à +6 °C. une hausse du même ordre d’ici la fin du siècle constituerait donc un changement très brutal.
Parmi ces conséquences, qui ne sont pas dans un ordre d’importance, on peut citer :
De ces effets découlent d’autres conséquences :
Cette liste peu engageante met en évidence une partie des conséquences néfastes d’un réchauffement climatique.
Les effets seront d’autant plus désagréables s’ils font suite à une hausse élevée des températures, sur un délai très court. Faire tous les efforts pour réduire nos émissions de GES est donc essentiel si nous voulons nous épargner ces effets indésirables.
Le meilleur moyen pour cela est d’engager une stratégie bas carbone, à commencer par la réalisation d’un premier Bilan Carbone.
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]]>Le Carbone est un composé chimique présent naturellement sur Terre, il n’a pas été créé par l’Homme. On en retrouve principalement dans la biomasse, qu’elle soit terrestre ou océanique, on parle de carbone biogénique.
Lors de la dégradation des espèces vivantes, le sol récupère une partie du carbone qu’elles contenaient, c’est le carbone fossile. De ce carbone provient notamment le pétrole que l’Homme puise au moyen de forages.
Les espèces vivantes captent ou rejettent du carbone en fonction de leur nature. Les humains par exemple prennent de l’oxygène dans l’air ambiant, et expulsent entre autres du CO2 contenant du carbone : c’est la respiration. Le procédé est commun à bon nombre d’espèces animales.
A l’inverse les végétaux pratiquent la photosynthèse pour leur croissance. Ce principe consiste à convertir l’énergie provenant du soleil en glucides nécessaires à leur développement. Ce faisant, les végétaux captent du CO2 et rejettent de l’oxygène.
Le principe chimique est le suivant

Le gaz carbonique (CO2), et l’eau (H2O) sont convertis en glucides et en oxygène (O2). Les végétaux sont donc des espèces capables d’utiliser du carbone et de le décomposer en oxygène notamment.
En plus d’émettre naturellement du CO2 lors de sa respiration, l’Homme provoque un relâchement de carbone dans l’atmosphère via la combustion de différentes matières. Les activités génératrices de ces émissions de carbone peuvent être divisées en deux catégories : nos actions sur l’usage des sols et la combustion de matière.
Le changement d’usage des sols, c’est par exemple la déforestation. En abattant la végétation présente dans une surface donnée, on libère tout le carbone qu’elle contenait.
Le même phénomène se produit lorsque l’on convertit une parcelle présentant une variété d’espèce pour la transformer en une terre agricole (une seule espèce plantée).
Pour ce qui est de la combustion de matière fossile la donnée est encore plus claire, l’humain puise dans le sol une matière telle que le pétrole riche en carbone. Lors de la combustion pour créer de l’énergie, le carbone qui était présent dans cette matière est relâché dans l’atmosphère.
Si l’on prend les flux naturels et les flux anthropiques, regardons sur une année les ordres de grandeur des quantités émises et des quantités absorbées (ou séquestrées).

Sur la partie de gauche on retrouve les flux naturels avec en flèches vertes et rouges les phénomènes de photosynthèse et de respiration décrits plus haut. Il y a par ailleurs un transfert de 0,8 GtC (Gigatonne de Carbone) entre la biosphère et les océans de par les courants des fleuves et rivières.
Par ailleurs 0,04 GtC de carbone provenant des sols est directement envoyé dans l’atmosphère via l’activité volcanique. Le bilan de ces échanges c’est 150 GtC émises et 155 GtC séquestrées, donc un résultat de 5 GtC séquestrées par an.
Pour les humains la donne est différente car ils n’ont aucun mécanisme séquestrant le carbone. On est donc sur une émission nette de 9 GtC par an, dont 1,2 GtC provenant de la déforestation et du changement d’usage des sols, 7,8 GtC provenant de la combustion de ressources fossiles.
Si on cumule cette valeur de 9 GtC rejetées avec celle des 5 GtC séquestrées par le vivant, le résultat net global est une émission d’environ 4 GtC par an. Soit 4 milliards de tonnes de carbone émises par an dans l’atmosphère.
L’influence des humains sur la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère est ici sans équivoque. Ce carbone excédentaire dans l’atmosphère favorise le phénomène d’effet de serre et le réchauffement global.
Le carbone est contenu dans différents milieux sur Terre qui permettent de le stocker. Ces ‘réservoirs’ à carbone sont appelés les ‘puits de carbone’, ils sont les mêmes que ceux évoqués précédemment à savoir les océans, les forêts ou autres concentration végétale (toundra, tourbière, etc.) et les sols.
Contrairement à une idée reçue selon laquelle les forêts sont la principale source de production d’oxygène et de captation du CO2, il s’agit en réalité des océans.
Le plancton végétal, ou phytoplancton, produit à lui seul la moitié de l’oxygène que nous consommons, et absorbe environ 30% du CO2 que les humains émettent.
Son rôle est donc tout à fait crucial dans la régulation de l’effet de serre. Ce phytoplancton, premier maillon de la chaine alimentaire océanique, capte le CO2 atmosphérique qui s’est dissout dans l’eau. Par le phénomène de la photosynthèse décrit précédemment il stocke ce CO2 et rejette de l’oxygène.
Ce phytoplancton est consommé par des espèces animales, qui absorbent du même coup le CO2. Ces organismes vivants, à leur mort, viennent sédimenter au fond de l’océan. Le CO2 est alors lentement séquestré dans le sol.
Une grande partie du CO2 est tout de même rejeté dans l’atmosphère à la mort du phytoplancton, mais la balance est positive comme expliqué au chapitre précédent.
Le schéma suivant montre le principe que je viens de décrire appelé ‘pompe à carbone biologique’.

Autre milieu dans lequel on retrouve une forte concentration végétale, les sols continentaux tels que les forêts, les toundras ou les tourbières, constituent le second puit de carbone le plus essentiel.
De la même façon que le phytoplancton, les espèces végétales de ces milieux pratiquent la photosynthèse et conservent plus de carbone qu’ils n’en rejettent.
La capacité d’absorption du CO2 dépend de l’espèce végétale mais aussi des conditions dans lesquelles elle évolue : température, humidité, nutriments présents dans le sol, etc.
Les sols contiennent une quantité importante du carbone qui, lors des procédés décrits précédemment, est stocké durant de longues périodes (sauf extraction par l’Homme et éruptions volcaniques). La quantité totale représente 2 à 3 fois ce qui est contenu dans l’atmosphère.
Mais comme nous l’avons vu sur le schéma des flux de carbone, les échanges naturels entre le monde du vivant, l’atmosphère, et les sols, sont minimes. Le flux le plus important étant notre consommation en énergie fossile.
Puisque le carbone est excédentaire dans l’atmosphère et qu’il provoque un effet de serre indésirable, la solution serait d’inverser les ordres de grandeur entre ce que l’on émet et ce que l’on capte. C’est-à-dire d’en récupérer d’avantage que l’on en envoie dans l’atmosphère.
La solution la plus efficace pour réduire la concentration de carbone dans l’atmosphère, est de limiter notre usage des énergies fossiles. Ce flux de carbone supplémentaire que nous avons créé déséquilibre le cycle global et conduit à un effet de serre croissant.
En parallèle de cette démarche de réduction, nos experts étudient les possibilités de réinjecter du carbone dans les 3 types de puits évoqués. Notons au préalable que les quantités en jeu ne compenseront pas les 7,8 GtC que nous puisons annuellement dans les sols.
Par ailleurs les énergies fossiles que sont le pétrole, le gaz et le charbon sont non renouvelables. Elles ont aujourd’hui une disponibilité décroissante et par conséquent un coût en hausse associé à des incertitudes d’approvisionnement.
Se départir au maximum de leur usage présente donc également un intérêt économique et stratégique.
J’ai évoqué dans le chapitre précédent le mécanisme de la photosynthèse qui permet de stocker le carbone par les espèces végétales. Ce mécanisme est essentiel à notre survie (production d’oxygène) et essentiel au maintien de l’effet de serre à un niveau acceptable.
Pour que l’efficacité de ce procédé perdure, il nous faut protéger les espèces concernées. La solution pour cela est assez intuitive, il faut minimiser notre destruction des milieux végétaux.
Pour le cas des océans, le phytoplancton étant une espèce vivante il se comporte différemment suivant les conditions de vie auxquelles il est soumis.
Une hausse de l’acidité des océans par exemple est néfaste pour la survie de nombreuses espèces végétales qui les peuplent. Or cette acidification est en cours, due à l’absorption de notre excédent de CO2 par les plantes, aux écoulements azotés venant notamment des pratiques agricoles, ou encore des acides sulfuriques issus de la combustion de carburant par les navires.
Les domaines cités (agriculture, transport maritime) sont un exemple mais représentent l’effet cumulatif de nos pratiques.
En utilisant de l’énergie fossile pour augmenter notre puissance mécanique, nous produisons des gaz à effet de serre. Ces gaz sont absorbés par les océans ainsi que d’autres produits indésirables, et réduisent la capacité d’absorption du CO2 par le phytoplancton.
Pour ce qui concerne les milieux terrestres, le procédé de la déforestation est le plus évident lorsque l’on parle de protéger les végétaux. Supprimer tout un écosystème végétal, c’est se priver de sa capacité à stocker le CO2 et donc à minimiser l’effet de serre.
De la même façon que pour les océans, rejeter dans ces milieux végétaux les ‘déchets’ de nos pratiques industrielles ou agricoles, fragilise les espèces en mesure de nous aider à limiter le dérèglement climatique.
Un grand nombre de pratiques humaines peuvent entrainer une diminution de la capacité des plantes à absorber le CO2. Il ne s’agit pas ici d’en faire une liste mais d’attirer l’attention sur la réflexion que nous devons mener chaque fois que nous envisageons une activité.
Puisque nous nous sommes penchés sur la façon de ne pas dégrader nos puits de carbone, voyons si nous pouvons en augmenter la capacité. Cela permettrait d’absorber plus de carbone et donc peut être d’inverser la balance en carbone qui pour l’heure est déficitaire.
En complément au chapitre précédent, il y a tout d’abord la reforestation. Ajouter des espèces végétales capables d’absorber le CO2, c’est augmenter la capacité globale de séquestration du carbone. Attention néanmoins, les végétaux sont des êtres vivants dont les interactions avec leur milieu et les autres espèces sont complexes et fragiles.
Il ne suffit donc pas de réaliser une plantation d’arbres pour obtenir une forêt. Une forêt est un écosystème composé d’une multitude d’espèces, avec des chaines alimentaires, des rythmes, des échanges, etc. C’est ce milieu naturel qui permet l’absorption massive du CO2.
Autrement dit raser une forêt vieille de plusieurs centaines d’années et réaliser une plantation d’arbres d’une seule espèce sur une parcelle équivalente, ne produit pas la même capacité de photosynthèse. Les espèces doivent survivre sur plusieurs années, se développer, le sol doit recevoir de la matière organique, pour que le processus fonctionne.
Pour les océans il n’est pas question bien entendu d’en augmenter la taille, ni d’injecter du phytoplancton. Une étude visait en revanche à ‘doper’ ce phytoplancton pour augmenter son potentiel d’absorption du CO2. Il s’agissait d’injecter du fer, élément vital au développement du phytoplancton.
Reste que la quantité de fer à injecter pour avoir un effet significatif sur la ‘pompe biologique’ dépasse la quantité présente sur Terre. L’idée en est donc restée à l’état de projet, mais trouver un moyen de ‘booster’ le phytoplancton serait effectivement bénéfique pour le climat.
Enfin concernant les sols, divers projets sont à l’état d’études notamment le projet ‘4 pour 1000’ lancé en 2015 par le ministère de l’agriculture. Il s’agit d’étudier pour les parcelles agricoles la capacité du sol à accueillir et retenir du carbone.
On pourrait alors réinjecter celui-ci dans le sol et le stocker. D’autres projets du même type sont en cours pour injecter du carbone dans les sols, les anciens puits de pétroles, ou encore les océans.
Pour l’heure aucun de ces projets n’a abouti à une technique permettant une réduction significative du carbone dans l’atmosphère. Par ailleurs aucune information ne suggère que cela se produira dans les années à venir.
Notre meilleure chance de réduire l’effet de serre est donc de limiter notre usage des énergies fossiles et de protéger nos écosystèmes capables d’absorber le carbone. Pour avoir une vue sur vos émissions de GES, la première étape c’est le Bilan Carbone®.
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]]>Quelle que soit votre activité et la taille de votre entreprise, les bénéfices sont multiples.
Ci-dessous sont présentés les différents points à prendre en considération pour répondre à cette interrogation.
Réaliser un Bilan Carbone® c’est comptabiliser entre autres choses ses dépenses énergétiques (électricité, gaz, fioul, etc.). Ce bilan vous mènera à des pistes d’amélioration de votre activité pour réduire les dépenses et le coût associé.
L’économie liée à ces améliorations dépend de la part que représente l’énergie dans les coûts de votre structure et des actions que vous avez déjà pu mener sur le sujet hors bilan Carbone®.
Si on regarde l’évolution des prix des principales énergies utilisées en entreprise on obtient le graphique suivant :

Globalement on constate que toutes les énergies ont un coût à la hausse, aussi ce qui pouvait être une économie marginale il y a quelques années, est devenu un important levier d’action d’économies budgétaires.
Prenons un exemple :
Votre entreprise consomme 20.000 kW/h d’électricité annuellement, et votre tarif de base était en 2020 de 0,07 € / kW/h. Vous aviez un coût de l’électricité de 1.400 €.
En 2022, votre consommation est stable, votre tarif est désormais de 0,15 € / kW/h. Votre facture d’électricité est à présent de 3.000 €.
On comprend que réduire sa consommation électrique de quelques %, est désormais beaucoup plus essentiel que par le passé.
Réaliser un Bilan Carbone®, et mener un plan d’actions correctives, peut vous permettre d’atteindre cet objectif de réduction.
Ce troisième point fait écho à celui sur l’énergie, mais l’aspect non renouvelable de certaines énergies pose une problématique supplémentaire.
Nos sociétés dites thermo-industrielles se sont bâties grâce (ou à cause) des énergies fossiles que sont le charbon, le gaz, et le pétrole.
L’exploitation de ces ressources à partir du 19ème siècle, a permis aux populations d’avoir accès à une puissance mécanique décuplée.
Or, ces ressources, comme leur nom l’indique, ne se renouvelleront pas. Ou plus précisément elles se renouvelleront à une échelle de temps qui ne concerne pas nos civilisations (30 millions d’années pour le pétrole).
La quantité restante de ces énergies fait débat suivant que l’on compte pour le pétrole le conventionnel, le pétrole de schiste, etc. Le graphique ci-dessous permet néanmoins de se faire une idée sur l’évolution de notre production mondiale en matière de pétrole :

Premier constat, dans certaines régions du monde le pic (le moment où la production se met à décroître), est déjà passé. La baisse liée à la Covid est un événement particulier, mais si on regarde les courbes bleu clair, rose, verte et mauve, on situe le pic de production bien avant cette pandémie (dans le début des années 2000).
Il est donc acté que nous devrons à l’avenir nous passer de tout ou partie de cette manne énergétique sur laquelle nous nous sommes appuyés depuis des décennies. Il est indispensable d’y trouver une alternative pour assurer la pérennité de vos activités.
Par ailleurs la France ne dispose pas en son sol de ces ressources (ou très peu). Être dépendant des énergies fossiles revient donc à dépendre énergétiquement des autres pays.
La crise Ukraine-Russie de 2022 illustre malheureusement cette carence, et nous rappelle que la réduction de nos dépenses énergétiques fossiles, est un enjeu majeur pour l’avenir.
Ces énergies sont amenées à être plus difficiles d’accès, il est essentiel de réduire leur usage pour rendre votre société résiliente aux changements en cours. Le meilleur outil pour vous engager dans cette démarche c’est le Bilan Carbone®.
Faire un Bilan Carbone®, c’est avoir l’opportunité de se pencher sur toutes les caractéristiques de son activité via une approche différente.
Les matériaux utilisés, les filières, l’énergie, les machines, le transport, etc. Tout cela sera revu en détail en vue d’actions amélioratives.
Cela peut passer par le fait de repenser ses partenariats, se différencier du marché, relocaliser son activité, ou encore modifier les zones de distribution de ses produits.
Vous n’aurez évidemment pas attendu la réalisation d’un Bilan Carbone® pour réfléchir à ces différents points, mais c’est l’opportunité d’avoir une vue d’ensemble chiffrée et objective de votre activité.
Nombreux sont les consommateurs qui aujourd’hui, lors d’un achat, tiennent compte de la façon dont le produit a été fabriqué, du lieu de production, de la distance de distribution, de la fin de vie du produit. Votre connaissance de l’équivalent carbone associé à ces différents choix est un point essentiel pour leur répondre et vous différencier.
Par ailleurs nous avons évoqué le cas des énergies non renouvelables, quelle est votre dépendance à celles-ci ? Est-ce une situation sereine pour l’avenir de votre activité ou y a-t-il une faiblesse associée à ce poste ?
Ces questionnements sont essentiels à la pérennité de votre activité, et l’investissement de départ dans un Bilan Carbone® est sans commune mesure avec la capacité d’adaptation que vous y gagnez.
Le monde de l’entreprise et des collectivités est déjà impacté par le changement climatique et la transition énergétique à venir. Ces phénomènes vont s’accélérer, et la méthode Bilan Carbone vous permet d’y répondre de façon optimale.
Vous êtes habitué à réaliser des audits qualité, sécurité, finance, etc. Ces audits débouchent sur des points d’amélioration, un système de notation, et une stratégie à mener.
Vous utilisez ces informations pour communiquer auprès de vos clients, de vos partenaires, de vos fournisseurs, mais également de vos collaborateurs. La valorisation de votre entreprise est alors perçue positivement par ces personnes.
Le même principe s’applique au bilan des GES.
La tendance sur le sujet s’est nettement accélérée ces dernières années et les impacts d’une communication positive vis à vis de vos émissions de GES sont aujourd’hui importants.
Ils le sont en particulier pour l’image que votre entreprise véhicule, l’attractivité de celle-ci notamment auprès des nouvelles générations, les partenariats que vous pourriez nouer.
Prenons pour exemple le système qualité, et la norme ISO9001. Le management de la qualité a fait son apparition en France dans les années 1990, et la norme ISO9001 (première version) publiée en 1987.
Aujourd’hui le sujet est systématiquement traité dans les entreprises, et la norme ISO9001 est devenu un essentiel pour nombre de partenariats (client, associé, etc.). Vous ne pouvez tout simplement plus dans beaucoup de secteurs travailler avec des sociétés qui n’ont pas ce label.
Cet essor s’est produit en moins de 30 ans en France.
Les entreprises qui ont anticipé ce changement ont pu tirer parti de ses avantages, obtenir des labels, faire valoir leur différence auprès de leurs partenaires. Faire réaliser un bilan Carbone® pour votre établissement c’est anticiper de la même manière et vous assurer de pouvoir collaborer avec tous vos partenaires potentiels.
Un des enjeux importants pour votre entreprise est de pouvoir attirer lors du recrutement les meilleurs profils. Autrement dit les personnes qui ont des compétences, et qui par conséquent sont sollicitées par plusieurs organisations.
Pour comprendre les attentes de ces candidats, le cabinet Deloitte spécialisé dans l’audit et le conseil, a publié une étude en 2020 comprenant notamment les préoccupations de cette nouvelle génération dite génération Z (née après 1995).
Les résultats sont les suivants :

On constate que leur seconde préoccupation est le changement climatique, après le coût de la vie et avant la perspective du stress ou du chômage.
Assurer cette nouvelle génération que votre entreprise est engagée favorablement dans ces enjeux écologiques, c’est marquer un point décisif.
Plus globalement pour cette partie ‘communication’, adopter une démarche de réduction de vos GES, c’est vous donner l‘assurance de nouer de nombreux partenariats.
Notez qu’un bilan Carbone® est réalisé en premier lieu pour vous. Vous aurez la possibilité de le communiquer totalement ou en partie, vers l’extérieur.
La relation de cause à effet entre les émissions de GES et la dégradation rapide du climat sur Terre est un fait acquis.
Dans son rapport publié en août 2021, le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) indique que :
La hausse des émissions de gaz à effet de serre depuis 1750 est sans équivoque causée par les activités humaines. Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, l’océan et la terre.
Le groupement scientifique nous informe par ailleurs que la terre s’est déjà réchauffée de +1,1 °C en moyenne par rapport à l’ère préindustrielle.
Vous avez sans doute déjà entendu parler de l’objectif 2° qui vise à limiter la hausse de cette température moyenne à +2°C. Cet objectif très ambitieux vise à limiter les impacts négatifs, qui vont découler du dérèglement de notre climat, sur nos populations.
Parmi ces impacts, on peut citer la hausse du niveau des océans, liée notamment à la disparition des glaces polaires. Une hausse estimée à plusieurs dizaines de centimètres, voire à plusieurs mètres, conduira à une destruction des zones littorales.
On peut également citer la perte de biodiversité, dont une partie ne pourra pas s’adapter à des changements aussi brutaux. Rappelons que l’humain est totalement dépendant du reste du vivant pour survivre (alimentation, médecine, vêtements, mobilier, etc.).
Un dernier exemple est l’augmentation des périodes d’aridité et de sécheresse, rendant certaines zones du globe invivables (manque d’eau, plus d’agriculture possible). Par ricochet un tel scénario mène à des déplacements de populations massifs.
Ces 3 exemples, qui ne constituent qu’une partie du tableau global, illustrent la nécessité de limiter un maximum notre impact sur le changement climatique.
A noter que le GIEC, une organisation dédiée à la surveillance du climat, est loin d’être la seule à dresser ce bilan sans appel.
Le forum économique mondial a publié en 2021 un rapport sur les risques globaux encourus par nos civilisations. Ce rapport est issu d’une collaboration avec des sociétés telles que Marsh & McLennan spécialisée dans le domaine des assurances, ou encore SK Group société industrielle dans le secteur de la chimie.
Ce groupement n’a donc rien à voir avec l’environnement et de surcroit aucun intérêt à en faire une priorité. Les résultats sont issus d’une consultation auprès de 700 experts et décideurs mondiaux.

Pour comprendre ce graphique, de gauche à droite ont été classés les risques en fonction de leur probabilité de se réaliser. Plus le risque est à droite, plus les personnes interrogées estiment qu’il est probable.
En ordonnée on retrouve l’impact supposé si ces risques surviennent, plus le risque est classé en haut et plus les personnes interrogées estiment que l’impact serait grand pour nos populations.
Ce qu’il ressort de ce graphique en premier lieu, c’est que le point classé tout en haut à droite est ‘l’échec de l’action climatique’. Autrement dit, les experts consultés estiment aujourd’hui que le plus grand danger pour nos civilisations, donc le plus grand enjeu, c’est le climat.
Par ailleurs si on regarde tout le graphique, parmi les 10 risques qui produiraient le plus d’impact, 5 sont d’ordre environnementaux (points verts). On retrouve donc le climat, l’appauvrissement ressources, la perte de biodiversité, les dommages environnementaux au sens large causés par l’Homme et les températures extrêmes (qui est une conséquence du dérèglement climatique).
Enfin, si on prend les 5 risques qui auraient le plus de chance de se produire (les points les plus à droite), quatre sont d’ordre environnementaux.
Ce rapport nous montre que les risques environnementaux, le dérèglement climatique en tête, sont considérés comme étant les plus grandes menaces pour nos civilisations. Rappelons que cette conclusion est tirée d’un rapport dont les commanditaires ne sont pas des écologistes et dont les intérêts divergent totalement du résultat obtenu.
Faire un état des lieux de ses émissions de GES et mettre en place un plan de réduction, c’est donc prendre ses responsabilités vis à vis de ce dérèglement et des risques encourus et ainsi contribuer à maintenir une planète viable.
Le Bilan Carbone® vous permet d’enclencher cette démarche en faveur du climat, et d’assurer ainsi la viabilité de votre entreprise face aux changements.
Depuis 2010, une partie des entreprises est tenue de réaliser un bilan GES conformément à la loi Grenelle 2.
Il s’agit :
Ce bilan devait être réalisé avant le 31 décembre 2012, et remis à jour tous les 3 ans.
Si vous faites partie des organisations concernées par cette obligation, vous devez donc réaliser un Bilan Carbone. La réglementation reste à l’heure actuelle très souple sur le sujet mais vous avez néanmoins une obligation légale.
Si votre entreprise n’est pas (encore) concernée par le cadre réglementaire, faire pratiquer un Bilan Carbone® reste néanmoins une opportunité de progresser sur les points développés précédemment.
Par ailleurs, la France s’est engagée via sa Stratégie Nationale Bas Carbone, et via la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), à réduire ses émissions de GES de 40 % entre 1990 et 2030.
Adopter une politique de réduction de ses GES, c’est donc participer à cet effort collectif, et anticiper les évolutions réglementaires. La démarche est déjà enclenchée à l’échelle nationale, plus vous anticipez ces changements, plus vous serez prêts à les surmonter. La méthode Bilan Carbone® est là pour vous y aider.
Sources :
L’article Pourquoi faire un Bilan Carbone® pour son entreprise ? est apparu en premier sur Solutions Carbone.
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